
Le nouveau bureau exécutif semble privilégier la maîtrise de la communication (le communiqué en est la preuve avec une mise en avant de la « qualité scientifique » du travail de la commission) plutôt que la maîtrise des processus de gestion. Ils pensent gérer le football par la procédure et l’image, alors que le terrain réclame une gestion par l’expérience et l’anticipation.
Les nouveaux dirigeants, en cherchant à se légitimer, s’entourent souvent de cercles restreints qui leur renvoient une image embellie de la situation. Cette « bulle » empêche de prendre en compte les alertes sur :
. Les tensions réelles avec le département de tutelle.
. Les attentes pragmatiques des acteurs du football (qui préféraient la stabilité).
. La faisabilité financière réelle des projets.
- La confusion entre « Administration » et « Gouvernance sportive «
Il y a une différence fondamentale entre gérer un dossier administratif (rédiger des communiqués, convoquer des commissions) et comprendre les ressorts psychologiques, techniques et financiers du haut niveau. La méconnaissance du second point conduit à des erreurs de jugement flagrantes :
. On croit qu’un « nom » suffit à régler les problèmes de résultats.
.On pense que les accords financiers avec l’État sont une formalité qui se règlera « en cours de route ».
. En somme, ce qui apparaît comme une stratégie politique pourrait n’être, en réalité, que le tâtonnement d’une équipe qui, malgré ses bonnes intentions affichées, ne maîtrise pas encore les codes du terrain. Ils ont remporté une élection, mais ils découvrent douloureusement que diriger une fédération nécessite une expertise technique que l’on ne peut ni improviser, ni déléguer à de simples commissions ad hoc.
C’est ce décalage qui, in fine, transforme une opportunité de renouveau en une vulnérabilité institutionnelle.
Sekou Diogo Keita
