
De Yaoundé 1972 au directeur technique du Stade malien, itinéraire d’une figure du football malien
Cheick Fantamady Diallo a été nommé directeur technique du Stade Malien ce vendredi 19 septembre 2026.
À 75 ans, il retrouve une nouvelle fonction au sein du Stade malien de Bamako. L’ancien international, ancien entraîneur et ancien président des Blancs revient cette fois dans un rôle technique.
Une nouvelle étape pour une figure qui traverse depuis plus d’un demi-siècle l’histoire du football malien.
Il y a des noms qui appartiennent à une époque. Et puis il y a ceux qui traversent les époques. Cheick Fantamady Diallo est de cette seconde catégorie. Depuis ses premières foulées sous les couleurs du Stade malien jusqu’à ses années passées sur les bancs, dans les bureaux et au sein des instances du football national, l’enfant de Mopti n’a presque jamais quitté le paysage.
Né le 12 avril 1951 à Mopti, Sékou Cheick Fantamady Diallo s’est d’abord fait un nom ballon au pied. Attaquant, il quitte le Mali en 1974 pour tenter l’aventure française. Cannes, Troyes, Metz, Laval puis Toulon jalonnent une carrière professionnelle qui s’étend sur près d’une décennie. En première division française, ses statistiques racontent à elles seules une partie de son histoire : 184 matches et 67 buts, auxquels s’ajoutent 81 rencontres et 38 buts en deuxième division.
À Troyes notamment, le Malien laisse une empreinte durable. Il figure parmi les meilleurs buteurs de l’histoire du club en première division, à égalité avec Gérard Tonnel. Mais le parcours de Cheick Diallo ne s’arrête pas au rectangle vert.

De l’attaquant au technicien
Une fois les crampons rangés, l’ancien avant-centre change de costume. Il devient entraîneur et s’investit dans la formation et l’encadrement des jeunes catégories maliennes. Il dirige notamment le Stade malien et plusieurs sélections nationales de jeunes, avant d’intégrer le staff des Aigles comme adjoint de techniciens étrangers tels qu’Henryk Kasperczak, Henri Stambouli ou Alain Giresse.
Cette trajectoire explique en partie la place particulière qu’il occupe dans le football malien : celle d’un homme qui a connu le jeu de l’intérieur, les exigences du haut niveau européen, le banc de touche et les responsabilités administratives.
Au Stade malien, son histoire est particulièrement dense. Il y a joué, entraîné, occupé des responsabilités de direction et présidé le club entre 2020 et 2022.
Le retour dans l’environnement technique du club prend donc une dimension particulière. Ce n’est pas un inconnu qui revient à Sotuba. C’est une ancienne figure du vestiaire qui retrouve une institution qu’il connaît intimement.
Sa nomination comme directeur technique du Stade malien, annoncée vendredi 19 septembre, intervient dans un contexte où les clubs maliens cherchent encore à consolider leur organisation sportive et à franchir un cap sur la scène continentale.
Le poste de directeur technique ne se résume pourtant pas à conseiller un entraîneur ou à observer les séances. Il implique, selon l’organisation retenue par chaque club, de participer à la définition du projet sportif, à la coordination des différentes catégories, au suivi des entraîneurs, à la détection des talents et à la construction d’une certaine continuité entre la formation et l’équipe première.

Une figure qui n’a jamais vraiment quitté le football
Même après son passage à la présidence du Stade malien, Cheick Diallo a continué à occuper une place active dans la famille du football.
Le 30 août 2025, il a été élu président de l’Union nationale des anciens footballeurs du Mali (UNAFOM), succédant à Moctar Sow.
Depuis cette fonction, il s’est notamment positionné sur les questions de rassemblement et de cohésion des anciens footballeurs. En janvier 2026, il rejetait ainsi publiquement l’idée d’une scission de l’UNAFOM et appelait à l’unité de la famille des anciens internationaux et joueurs maliens.
Cette nouvelle responsabilité au Stade malien ajoute donc une ligne supplémentaire à un parcours déjà long.
Le choix de Cheick Fantamady Diallo ne manquera pas d’alimenter les discussions sur la place des anciennes générations dans le football malien.
D’un côté, son parcours offre au Stade malien une mémoire vivante du club et du football national.
De l’autre, la fonction de directeur technique place nécessairement la question de la modernisation au centre du débat. Le Stade malien devra être capable de conjuguer cette mémoire avec les nouvelles méthodes de travail, les outils technologiques et les exigences croissantes du football continental.
La question n’est donc peut-être pas uniquement de savoir si Cheick Diallo appartient à une génération ancienne. Elle est plutôt de savoir ce que cette génération peut transmettre à la nouvelle et comment cette transmission peut s’inscrire dans un projet moderne.
Car au Stade malien, Cheick Fantamady Diallo ne revient pas simplement occuper un poste. Il revient avec plus d’un demi-siècle de football dans les bagages.